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Méningites et septicémies à Méningocoque

Questions/Réponses

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Qu'est-ce qui provoque les infections à méningocoque ?

Les infections à méningocoque sont provoquées par des bactéries, les méningocoques, dont il existe plusieurs sérogroupes. Les cinq sérogroupes A, B, C, Y et W135 sont responsables de la plupart des infections et leur importance varie selon les régions géographiques.

Comment se transmettent les infections à méningocoque ?

L'infection se transmet de personne à personne par les sécrétions respiratoires ou de la gorge (c'est-à-dire en toussant, en embrassant ou en partageant les mêmes couverts). Les méningocoques ne peuvent pas vivre plus de quelques minutes en dehors du corps humain, de sorte que la maladie ne se transmet pas aussi facilement que la grippe ou les rhumes.

Au bout de combien de temps est-on malade après avoir été contaminé ?

La période d'incubation des infections à méningocoque est de trois à quatre jours avec des variations entre eux et dix jours. L'infection à méningocoque peut se présenter sous forme d'une maladie généralisée (septicémie) ou d'une infection du liquide céphalo-rachidien qui circule autour de la moelle épinière et du cerveau (méningite). Comme la maladie évolue très vite, il est important de la diagnostiquer et de la traiter le plus vite possible.

Quels sont les symptômes des infections à méningocoque ?

Le plus souvent il s'agit de forte fièvre, frissons, somnolence et d'une éruption cutanée. S'il s'agit d'une méningite, vont s'ajouter des maux de tête et une raideur de la nuque (qui peut être absente chez le nourrisson). Des convulsions peuvent être observées. Dans les formes très graves, le malade peut être en état de choc, tomber dans le coma, voire décéder, tout cela en seulement quelques heures, même avec un traitement approprié.

Est-ce que les infections à méningocoque sont graves ?

L'infection à méningocoque est très grave. Entre 9 et 12% des personnes atteintes d'infection à méningocoque meurent, même avec un traitement antibiotique approprié. Parmi ceux qui survivent, jusqu'à 20% souffrent de séquelles, comme une surdité, la perte d'un membre ou un retard mental.

Comment fait-on le diagnostic d'infection à méningocoque ?

Le diagnostic se fait en effectuant une ponction lombaire pour obtenir du liquide céphalo-rachidien de la personne possiblement infectée. Le liquide céphalo-rachidien est analysé et mis en culture au laboratoire pour identifier le microbe responsable. Les infections à méningocoque sont relativement rares en France et leurs symptômes peuvent être confondus avec ceux d'autres maladies, ce qui malheureusement peut retarder le diagnostic et le traitement.

Est-ce que les virus peuvent aussi provoquer des méningites ?

OUI, le mot méningite s'applique à toute inflammation des enveloppes du cerveau et de la moelle épinière. Cette inflammation peut être due aussi bien à des virus et des champignons qu'à des bactéries. Les méningites virales sont les plus fréquentes et, habituellement, pas aussi graves que les méningites bactériennes.

Y a-t-il un traitement pour les infections à méningocoque ?

Les méningites bactériennes sont traitées par des antibiotiques. Il est essentiel de commencer le traitement très rapidement.

Les infections à méningocoque sont-elles fréquentes en France ?

Il y a approximativement entre 500 et 800 infections invasives à méningocoque chaque année en France. En 2011, 57 décès dus aux infections à méningocoques sont survenus en France. La maladie survient surtout chez les enfants âgés de moins de un an, les enfants, adolescents et chez certaines personnes ayant des problèmes de santé.

Quelles sont les personnes les plus à risque de contracter une infection à méningocoque ?

Les personnes les plus à risque sont les enfants de moins d'un an, les voyageurs vers des zones où les infections à méningocoque sont fréquentes (certains pays d'Afrique et l'Arabie saoudite), les personnes sans rate ou avec une rate malade, ou atteintes de certaines maladies du sang. D'autres facteurs augmentent le risque de contracter une infection à méningocoque, comme avoir eu récemment une infection virale, vivre dans des habitations surpeuplées, avoir une maladie chronique et être exposé à la fumée de cigarette directement ou indirectement.

Les infections à méningocoque sont-elles fréquentes dans le monde ?

Les infections à méningocoque sont fréquentes dans certaines parties du monde en particulier dans une zone d'Afrique connue sous le nom de « ceinture de la méningite ». Le sérogroupe A est responsable de la plupart des cas dans l'Afrique sub-saharienne, mais ce sérogroupe est exceptionnel en France.

Peut-on avoir plusieurs fois une méningite ?

OUI, les méningites peuvent être dues à plusieurs sérogroupes de méningocoques, par d'autres bactéries comme le streptocoque ou Haemophilus, et aussi par de virus ou des champignons. Même si vous êtes vacciné contre certains sérogroupes de méningocoques, ou si vous avez déjà eu une infection à méningocoque, vous n'êtes pas protégé contre ces autres sources d'infection.

Si on diagnostique chez un enfant une infection à méningocoque, peut-on protéger les autres enfants avec lesquels il a été en contact ?

Les personnes qui ont été en contact avec un malade souffrant d'infection à méningocoque peuvent être protégées par la prise d'antibiotiques immédiatement (dans l'idéal, dans les 24 heures qui suivent le diagnostic chez le malade). Ceci est généralement recommandé au domicile pour les personnes contacts et les enfants fréquentant la même crèche ou école maternelle. Les enfants plus âgés et les adultes (c'est-à-dire dans la même école ou crèche) ne sont pas pris en compte sauf s'ils ont des rapports très étroits avec le malade (c'est-à-dire baisers ou partage de verre). En plus des antibiotiques, la vaccination des enfants de 2 ans et plus peut être recommandée si l'infection est due à un méningocoque de sérogroupe pour lequel il existe un vaccin.

Il existe plusieurs sortes de vaccins. Quelles sont-ils ?
  • Les vaccins contre les méningocoques sont fabriqués à partir de la membrane externe polysaccharidique (sucre d'enveloppe) de la bactérie méningocoque. Il existe deux vaccins de ce type, un contre les groupes A et C, l'autre contre les groupes A, C, Y et W135.
  • Les vaccins conjugués sont faits en conjuguant les antigènes des polysaccharides de la membrane à une protéine. On attend de ces vaccins conjugués qu'ils provoquent une meilleure protection, plus précoce et plus durable que les polyosidiques. Il existe un vaccin conjugué contre le méningocoque C et deux vaccins quadrivalents, polysaccharidique et conjugué, qui protègent contre les quatre sérogroupes A, C, Y, W135 . Aucun ne contient de bactérie vivante. Malheureusement à ce jour aucun des vaccins commercialisés n'est efficace contre le méningocoque de sérogroupe B, qui est responsable des deux tiers des infections à méningocoques en France.
Comment sont administrés ces vaccins ?

Les vaccins polysaccharidiques peuvent être administrés par voie sous-cutanée, alors que les vaccins conjugués le sont par voie intramusculaire.

Qui doit recevoir les vaccins méningococciques ?

En France, la vaccination contre le méningocoque C est recommandée pour tous les enfants à l'âge de 12 mois et en rattrapage jusqu'à l'âge de 24 ans avec une seule dose de vaccin. Suivant les recommandations particulières ou autour d'un cas, on peut proposer :

  • le vaccin méningococcique conjugué monovalent C :
    – aux nourrissons âgés de 2 à 11 mois révolus : deux doses à au moins deux mois d'intervalle et un rappel au cours de la deuxième année de vie,
    – aux enfants à partir de l'âge d'un an, adolescents et adultes : une dose unique.
  • le vaccin méningococcique conjugué tétravalent ACYW135, à partir de l'âge d'un ou deux ans (selon l'AMM du vaccin) : une dose unique. Ce vaccin est indiqué de préférence au vaccin tétravalent non conjugué chez les personnes souffrant de déficit en fraction terminale du complément, recevant un traitement anti-C5A, porteuses d'un déficit en properdine ou ayant une asplénie anatomique ou fonctionnelle et chez les personnes ayant reçu une greffe de cellules souches hématopoïétiques.
  • Le vaccin méningococcique non conjugué bivalent A et C peut être utilisé à partir de l'âge de 6 mois pour la protection contre le méningocoque A, une dose ; la durée de protection est de trois ans.
Quels sont les effets secondaires de ces vaccins ?

Ces vaccins sont bien tolérés. Des réactions mineures sont fréquentes, rougeur, sensibilité au point d'injection ; l'irritabilité, surtout chez les nourrissons, et la fièvre supérieure à 38°C passagère survient chez environ 5% des vaccinés. Parfois des maux de tête, et une sensation de malaise peuvent être observés. Elles durent 48 heures et sont soulagées par le traitement symptomatique. Des réactions plus graves comme des réactions allergique, anaphylactique ou neurologique sont très rarement signalées (un cas par million de vaccinations).

Quelle est leur efficacité ?

Les vaccins conjugués ont une efficacité protectrice durable d'au moins 85%.

Les contre-indications ?

Elles sont rares et relèvent surtout de l'hypersensibilité à l'un des composants du vaccin. Elles sont systématiquement recherchées avant la vaccination.

Le vaccin peut-il provoquer la maladie ?

NON, seul le méningocoque peut provoquer une infection grave à méningocoque. Le vaccin n'est constitué que d'une fraction de cette bactérie qui ne peut pas se reproduire dans l'organisme.


Info-Méningocoque est un site d’information sur les infections invasives à méningocoques de l’Inpes et du Ministère en charge de la Santé.
- Etat des connaissances : Mai 2012